LE ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa et le président du Groupement des banques du Maroc (GPBM) Othman benjellloun, viennent de signer une convention relative au cahier des charges de la sécurité dans le secteur bancaire.

« Nous sommes face à un risque qui devient une réalité et qui risque d’être durable », a indiqué le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa lors de cette cérémonie. « Nous assistons à de nouvelles formes de délinquance qui se développent parfois avec des complicités à l’intérieur même de certaines agences », a souigné le ministre. Les moyens utilisés dans les braquages évoluent, les modus operandi aussi. Les braqueurs sont des bandes organisées qui utilisent tous types d’armes : armes à feu, armes blanches, fusils, bombes lacrymogènes, cagoules et véhicules.

Mais il y a surtout le risque que le butin de ce grand banditisme serve à financer le terrorisme. Selon le ministre, le nombre d’effractions, de vols commis ou de tentatives de vols, au cours des dernières années, reste relativement limité. Mais c’est surtout son évolution qui nous alerte et qui justifie l’engagement d’actions efficaces ». Il y a eu 4 affaires en 2005, 10 en 2006, 28 en 2007 et 10 affaires depuis le début de l’année en cours. Une évolution pour le moins inquiétante. « D’où ce partenariat qui permet de renforcer les dispositifs de surveillance, d’alerte, de contrôle et de protection.

Et ce, étant donné l’expansion et le développement que connaît le secteur avec l’installation de nouvelles agences dans des régions isolées », signale O. Benjelloun en indiquant que « cet accord permettra d’institutionnaliser une coopération entre le ministère de l’Intérieur et le Groupement des banques dans le but d’améliorer et de renforcer les moyens de sécurité dans les agences bancaires ».

Selon ses initiateurs, l’objectif primordial de ce partenariat étant la dissuasion et la mise en échec des différentes tentatives de vol. De plus, il s’est avéré que la quasi-totalité des affaires élucidées concernent des agences équipées de dispositifs adéquats et optionnels, souligne un responsable du département de l’Intérieur.

52 braquages en moins de 4 ans

La convention signée vise également à créer une sorte de complémentarité entre les mesures et les dispositifs que les banques sont amenées à mettre en place au niveau de leurs réseaux. Elle prévoit aussi des mécanismes de suivi et d’évaluation de l’état des lieux. Et ce, sur la base des diagnostics établis au fil des réunions des partenaires de cette démarche inédite. En fait, la base de données ainsi constituée permet une cartographie qui révèle que les régions les plus touchées par les braquages lors des dernières années sont la région du Grand Casablanca avec 14 braquages (37%) suivie de la région Tanger-Tétouan 5 braquages (13%). A signaler également que parmi les 38 braquages perpétrés depuis janvier 2007, 24 ont réussi et 14 ont été avortés.

Rappelons que les deux dernières années ont été particulièrement marquées par des braquages de banques spectaculaires à Tanger, Casablanca, Tetouan, Nador, Mohamedia... Où ont été utilisés des coutelas, des épées, des armes et des bombes lacrymogènes....

C’est dire qu’il était grand temps que les concertations entamées en 2006 entre les départements et les milieux concernés par ce phénomène aboutissent à la mise en place d’une plateforme partagée qui permette enfin d’intégrer, institutionnellement, le paramètre sécurité dans le développement du secteur bancaire.