Pour Othman Benjelloun, le président du groupe BMCE Bank, il n’y a pas de doute, le secteur bancaire et financier est « un puissant moteur de modernisation » des économies arabes. Il l’a dit lors du Sommet bancaire arabe international organisé par l’Union des banques arabes (UBA), la Fédération bancaire française (FBF) et l’Union internationale des banquiers arabes (UIBA). O. Benjelloun constate que ces économies connaissent des évolutions contrastées et que les richesses naturelles, humaines et civilisationnelles, qui « se juxtaposent de chaque côté de nos frontières, méritent, par une mutuelle fructification, de combler de bienfaits des pans entiers de nos économies et des couches plus élargies de nos populations ». Mission donc pour l’UBA, « confédérer les unions régionales de banques comme l’Union des banques maghrébines (UBM) » dans la mesure où elle a vocation à œuvrer étroitement, aux côtés des fédérations sœurs et des autorités politiques, à donner sens à cette impérieuse quête de rassemblement, estime le banquier marocain, précisant qu’il ne s’agit pas d’une quelconque union politique mais de la mise en commun d’infrastructures financières qu’elles aient trait aux marchés, aux moyens de paiement ou à d’autres outils technologiques. Le Président Benjelloun remarque à cet égard que « ce sont là autant de projets potentiellement fédérateurs qui peuvent fonder en définitive toute entreprise institutionnelle d’intégration économique régionale et déboucher, à plus long terme, sur des rapprochements politiques ». O. Benjelloun, qui est également président de l’UBM, a souligné que le monde arabe a besoin d’inventer des projets emblématiques, qu’ils soient de réalisation lointaine ou amorcés par les générations présentes, pour être finalisés par les générations futures. Après avoir rappelé l’adoption du projet de monnaie unique maghrébine dans le plan d’action de l’UBM, O. Benjelloun a souhaité que les différentes initiatives de création de monnaies uniques régionales puissent inspirer l’institution d’une monnaie arabe unique. Il a également indiqué que la tenue de cette rencontre de deux jours à Paris témoigne de la vocation naturelle d’ouverture et de modernité du secteur bancaire arabe et illustre sa démarche d’assimilation des meilleurs pratiques internationales à même de consolider « nos assises financières et institutionnelles et de contribuer au rayonnement des établissements financiers arabes ». Pour le patron de BMCE Bank, l’effort de bancarisation consenti par son groupe, à travers la création de centaines d’agences, la conquête de nouvelles parts de marché auprès des particuliers et l’offre de plus en plus diversifiée de produits et services constitue autant de modèles, d’expériences réussies et d’expertises reconnues « que nous tentons de répliquer et d’acclimater à travers nos implantations à l’étranger ». « C’est le sens profond à donner à notre implantation depuis 2007 dans la capitale financière européenne à travers MédiCapital Bank Londres ainsi qu’à notre présence grandissante au Sud du Sahara, aux termes d’une prise de participation significative dans le réseau Bank of Africa ». Les propos du président du groupe BMCE Bank ne risquent pas de sonner dans le vide. C’est le banquier arabe de 2007 qui parle.