Crédit à la consommation
Par webmaster, lundi 25 août 2008 à 09:21 :: General :: #126 :: rss
Le cas de cette nouvelle recrue rappelle d'ailleurs aux nostalgiques l'histoire de création de Taslif, liée fondamentalement à la success-story des mobylettes commercialisées dans les années 80 par Stokvis, les deux enseignes appartenaient alors à l'actuel président du groupe Sanam, Saïd Alj.
Outre Taslif, on peut citer aussi Diac, Sofac, Somafic ainsi que d'autres sociétés de financement créées dans le sillage du développement des concessionnaires de véhicules. Cela dit, Eqdom reste la toute première société à avoir vu le jour et c'est l'Etat qui l'a créée au milieu des années 70. A cette époque, presque seuls les fonctionnaires disposaient d'un revenu stable dans le temps. Quant aux banques, c'est plutôt le fameux système d'encadrement du crédit qui les a fait penser au financement de la consommation. Car elles étaient obligées de n'ouvrir le « robinet » du crédit qu'au rythme d'une fourchette fixée par les autorités. Une mesure que les banques ont pu « détourner » en créant des filiales spécialisées dans le crédit à la consommation. Dotées aujourd'hui d'une force de frappe commerciale qui dépasse de loin celle du réseau des sociétés spécialisées, les banques sont en train de redimensionner le poids de ce secteur.
Elles prennent de plus en plus de place sans pour autant freiner la croissance des acteurs classiques qui ont vu leurs encours passer de moins de 5 milliards à 30,6 milliards de DH entre 1995 et 2007. En l'espace d'une douzaine d'années, la nature même des crédits a changé. La part des prêts non affectés, dits personnels dans l'encours global, est passée entre-temps du simple au double, de 30 à 60%. Les prix de l'électroménager étant à leur plus bas historique, le crédit servant à l'équipement domestique est en cours de disparition, alors qu'il représentait quasiment le tiers de l'encours global en 1995. Par contre, la voiture, ou le véhicule d'une manière générale, reste le produit-phare du moment. L'évolution de la production des sociétés de crédit à la consommation est certes remarquable.
Or, en suivant son rythme d'accroissement annuel, on se rend compte d'une décélération du cycle à partir de 1999. Ce ralentissement s'explique en bonne partie par les dispositions prises pour combattre le problème du surendettement. Le phénomène a atteint son apogée déjà en 1996. Les réclamations des clients, essentiellement des fonctionnaires, se faisaient nombreuses. Les médias s'en prennent et il a fallu donc établir un diagnostic de la situation. C'est à ce moment-là qu'on a découvert que le système de fonctionnement du circuit d'octroi des crédits, tel qu'il fonctionnait, condamnait le secteur à la faillite. Le diagnostic établi a détecté toute une série de failles: faux dossiers, trafic d'influence, l'effet « papillon» qui fait qu'un seul fonctionnaire fait le tour des revendeurs et des sociétés de financement de crédit, rien que pour maximiser ses lignes de financement.
La paierie principale des rémunérations (ex-DRPP) était autorisée de prélever, quel que soit le niveau du salaire, autant de «traites». Le ‘'montant limite du reste à vivre'' était fixé au seuil de 500 DH. Les autorités et les opérateurs représentés par l'Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) ont pris le taureau par les cornes. Une nouvelle convention a été signée en novembre 1999 par la DRPP et les opérateurs. Il a été décidé de rehausser la barre du « reste à vivre » jusqu'à la limite de 1.500 DH. Un nouveau management a été désigné au sein de la paierie du département des Finances dont la direction a été confiée à l'actuel gouverneur de la préfecture d'arrondissements d'Al Fida-Mers-Sultan, Khalid Safir, réputé pour son intégrité et sa force de mobilisation au sein de l'administration publique.
Ensuite, la stratégie de commercialisation s'est focalisée sur un certain nombre d'enseignes modernes au lieu de s'éparpiller entre des milliers de revendeurs. Un système d'aide à l'appréciation du risque a été mis en place pour pouvoir éviter les clients ayant déjà fait l'objet d'incidents de paiement. Et ‘'last but not least'', à la demande de l'APSF, l'agrément a été retiré des sociétés de crédit qui concentraient l'essentiel des réclamations. Le plan d'action mis en place n'a pas tardé à donner ses fruits. Chiffres à l'appui, de 86 mille fonctionnaires vivant en 1999 avec moins de 500 DH, le nombre des bénéficiaires vivant à moins de 1.500 DH est passé en 2003 à seulement 3.500. Les réclamations se font de plus en plus rares et l'on a assisté à une baisse fortement significative des créances en souffrance. Le plan d'assainissement avait également mis en place le fameux TMIC (Taux maximum des intérêts conventionnels) qui ne cesse de baisser dans le temps. Alors qu'il était de 20,42% en 1997, le TMIC se situe cette année aux alentours de 14%. Il faut préciser qu'il s'agit juste d'un taux maximum. Rares sont les sociétés qui accordent du crédit à ce niveau de taux maximum.
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