La trêve estivale a incontestablement prêté le flanc à de sérieuses corrections techniques et autres prises de bénéfices. A l'issue du mois de juillet, les baromètres boursiers ont poursuivi le fléchissement enregistré durant le mois précédent. Selon Bank Al-Maghrib, les indices Masi et Madex ont accusé une baisse de 0,40%, ramenant leurs performances respectives depuis le début de l'année à 11,3% et à 11,5%. En revanche, la capitalisation s'est élevée à 670 MMDH, en hausse de 1,4% par rapport au mois de juin. Le volume des transactions a également progressé, passant de 12,6 à 22,1 MMDH, en liaison principalement avec l'introduction en bourse de deux sociétés Alliances Développement immobilier et Label Vie, portant le nombre de sociétés cotées à 78. Le volume enregistré sur le marché central continue d'être prédominant, représentant plus de 93% de l'ensemble des transactions. Quant aux cours des titres cotés, ceux-ci ont connu des évolutions divergentes selon les secteurs.

A l'exception du CIH et de Attijariwafa bank, les valeurs bancaires ont enregistré des augmentations, tandis que les cours des sociétés de financement ont connu des dépréciations, à l'exception de ceux de Diac Salaf, Maroc Leasing et Eqdom. Pour leur part, les valeurs du secteur des assurances n'ont pas affiché de tendance globale, deux titres ayant accusé une baisse alors que les deux autres se sont inscrits en progression, comparativement au mois précédent. En fait, une évolution qui s'inscrit dans le même sillage que celui opéré au début de l'été. Au mois de juin dernier, les indicateurs boursiers avaient connu dans leur ensemble un fléchissement, le Masi et le Madex ayant abandonné respectivement de 2,24% et de 2,25% par rapport au mois précédent, ramenant leur performance annuelle à 11,78% et à 11,95%.

Et parallèlement, l'évolution mensuelle des cours des valeurs cotées avait laissé apparaître des corrections à la baisse pour la plupart d'entre elles, à l'exception de 25 titres qui ont affiché des hausses. Dans ce contexte, le secteur financier a réalisé dans sa quasi-totalité des contre-performances. En effet, hormis le CIH, les valeurs bancaires se sont dépréciées d'un mois à l'autre. De même, les cours des sociétés de financement cotées, à l'exception de trois valeurs, ont connu des dépréciations alors que dans le secteur des assurances, toutes les valeurs ont affiché des évolutions défavorables comparativement au mois précédent. En ce qui concerne la gestion d'actifs, l'actif net des OPCVM a enregistré une baisse de 0,5% durant le mois de juillet, s'établissant à 146,2 MMDH. Cette diminution est attribuable à la contre-performance de l'actif net des OPCVM monétaires, à celle des OPCVM diversifiés et à celle des OPCVM actions.

La structure des OPCVM indique, quant à elle, que les fonds obligataires continuent d'être prédominants avec plus de 54% de parts de marché, suivis par les fonds monétaires, les fonds actions et les fonds diversifiés avec respectivement 25,8%, 12,4% et 7,7%. Les émissions de bons du Trésor par adjudication sont revenues de près de 3,7 MMDH en juin à 0,7 MMDH en juillet. Compte tenu de remboursements d'un montant de 1,6 MMDH, l'encours de ces titres s'est établi à 242,1 MMDH. Quant aux transactions sur le marché secondaire des bons du Trésor émis par adjudication, elles ont accusé une baisse, revenant de 654,7 MMDH en mai à 568,7 MMDH en juin. Sur le marché de la gestion d'actifs, l'actif net des OPCVM a enregistré une baisse de 1,30% durant ce mois de juin, s'établissant à 140 MMDH. Cette baisse est attribuable à la diminution de l'actif net des OPCVM monétaires de l'ordre de 3,45% et à celui des OPCVM obligataires moyen et long terme à hauteur de 1,06%.

S'agissant des titres de créances négociables (TCN), trois banques ont procédé à des émissions de certificats de dépôt en juin 2008, pour une valeur globale de 1,2 MMDH. En outre, deux émissions de billets de trésorerie, chiffrée à 245 MDH, ont également été réalisées. Compte tenu de remboursements d'un montant de 1,1 MMDH, l'encours des titres de créances négociables s'est établi à 26,6 MMDH d'un mois à l'autre. Par ailleurs, au cours du mois de juillet, une émission d'un emprunt obligataire non coté à 5 ans, d'un montant de 1 MMDH, au taux de 4,6%, a été effectuée par Attijariwafa bank. Au total, donc, les perspectives d'évolution à la bourse de Casablanca, pour le reste de l'année 2008, restent tributaires du dynamisme des échanges et de l'orientation des liquidités vers le marché boursier. En tous les cas, une chose est sûre : l'hésitation des investisseurs, à la première moitié de l'année, laisse présager une morosité du marché. A moins que les liquidités susceptibles d'être investies en bourse soient importantes et que les prochaines introductions à la cote puissent secouer les cocotiers.


Une baisse continue Après des hausses consécutives accompagnant le cycle de forte croissance du marché boursier, les deux premiers trimestres de l'année 2008 ont enregistré des baisses successives et significatives du volume des transactions. Cette évolution, si elle perdure, peut annoncer les prémisses d'un retournement de tendance du marché boursier, dans la mesure où une croissance durable rime avec des niveaux d'échanges importants. Le volume des transactions trimestrielles, corrigé des variations saisonnières, s'est replié de 22,6% au deuxième trimestre 2008, après une chute de 69,1% au premier trimestre. Globalement, le volume transactionnel s'est chiffré à 37,3 MMDH. Le marché central a participé à hauteur de 90% du volume global et continue d'animer, relativement, la Bourse des valeurs. Le chiffre d'affaires sur le marché des blocs s'est sensiblement replié par rapport au trimestre précédent, engendrant 10% seulement du chiffre d'affaires global.



LE MATIN